Connection
Horloge
Il est 17h28m32s
Lundi 23 Mars 2026
QR Code
Quelques pistes pour redresser notre économie
Dernière modification : Lundi 08 Janvier 2018, 19h36
Publié : Mardi 30 Août 2011, 16h21
Ăa y est, la France a droit Ă son plan d'austĂ©ritĂ©, ou plutĂŽt son plan "anti-dĂ©ficit". Le premier ministre François Fillon a en effet annoncĂ© une sĂ©rie de mesure destinĂ©es Ă faire des Ă©conomies. Sauf que celui-ci a dĂ©cidĂ© de faire du bricolage plus qu'autre chose. En taxant le tabac, l'alcool, les sodas ou les parcs d'attraction, on ne va pas trĂšs loin et on plombe le pouvoir d'achat au passage. Les plus riches sont aussi mis a contribution... mais seulement Ă hauteur de 3% et uniquement pour ceux gagnant plus de 500 000 ? par an. Voici quelques pistes qui permettraient de faire de rĂ©elles Ă©conomies sans que ce soit toujours les mĂȘmes qui paye.
Permettre Ă la BCE de prĂȘter directement aux Ătats
Actuellement, le traitĂ© de Lisbonne interdit Ă la Banque Centrale EuropĂ©enne de prĂȘter directement de l'argent aux Ătats. Au lieu de cela, la BCE prĂȘte de l'argent aux banques privĂ©es qui elles-mĂȘmes prĂȘtent aux Ătats. La consĂ©quence pour les Ătats est un taux d'intĂ©rĂȘt bien plus Ă©levĂ©, et dĂ©pendant des agences de notations. Alors que la BCE pourrait prĂȘter aux Ătats Ă des taux d'intĂ©rĂȘt de 1%, voire quasi nul, les banques privĂ©es ne se gĂȘnent pas pour imposer un taux d'intĂ©rĂȘt supĂ©rieur Ă 2 ou 3% (on ne parle mĂȘme pas des pays les moins bien notĂ©s). Ceci est extrĂȘmement pĂ©nalisant pour nos finances publiques Ă©tant donnĂ© que le remboursement de la dette constitue aujourd'hui une part majeur du budget de l'Ătat.
Autoriser la BCE Ă prĂȘter directement aux Ătats Ă taux moindre, voire abaisser les taux d'intĂ©rĂȘt de la dette rĂ©troactivement nous permettrait de faire d'Ă©normes Ă©conomies. Pour info, le remboursement des intĂ©rĂȘts de la dette reprĂ©sentait Ă 44,7 milliards d'euros dans le budget de la France de 2010.
Interdire la spéculation aux banques de dépÎts
Le fait d'interdire aux banques de dépÎt, donc aux banques dans lesquelles on entrepose notre argent, de faire de la spéculation financiÚre ne nous ferait pas directement faire d'économies. Par contre, cela réduirait le risque de crise financiÚre et donc le risque de devoir financer des plans de sauvetage pour les banques.
Supprimer Hadopi, Loppsi, Arjel, ...
Les lois de censure Hadopi, Loppsi, Arjel, ... en plus d'ĂȘtre liberticides et absurdes sont couteuses. En effet, en supprimant la Hadopi, on Ă©conomiserait plus de 13 millions d'euros par an et on dynamiserait certainement le marchĂ© de la culture. Le budget annuel de l'Arjel s'Ă©lĂšve, lui, Ă 10 millions d'euros. Difficile de dire combien on pourrait encore Ă©conomiser en supprimant les mesures mises en place par la loi LOPPSI[2].
Une plus forte contribution des grandes fortunes
François Fillon a annoncĂ© une contribution des grandes fortunes pour lutter contre le dĂ©ficit. Mais cette contribution a des limites. Elle n'est que de 3%, ne s'applique qu'aux personnes ayant un revenu annuel supĂ©rieur Ă 500 000 ?, et s'arrĂȘtera dĂšs que le dĂ©ficit sera repassĂ© sous la barre des 3%. Inutile de dire qu'on pourrait aller beaucoup plus loin. En effet, cette mesure ne rapporterait qu'environ 200 millions d'euros par an, une broutille, mĂȘme pas la moitiĂ© du coĂ»t du bouclier fiscal.
Pénalités financiÚres pour les FAI ne s'installant pas en milieu rural
Ce n'est pas un scoop, les Fournisseurs d'AccĂšs Ă Internet sont assez rĂ©ticents Ă s'installer en milieu rural, pas assez rentable. Le fait d'instaurer une forme d'obligation pour les FAI permettrait Ă la France d'avoir un rĂ©seau bien plus Ă©tendu. Les FAI ne respectant pas cette obligation devraient payer des pĂ©nalitĂ©s Ă l'Ătat, ce qui constituerait un apport financier supplĂ©mentaire.
Réduction du budget "dissuasion nucléaire"
La France fait partie des pays disposant de l'arme atomique. Il faut savoir que les pays ayant cette force de dissuasion nuclĂ©aire ont un stock d'ogives nuclĂ©aires "prĂȘtes Ă l'emploi". Or ces ogives sont constituĂ©es de matĂ©riaux nuclĂ©aire dont la radioactivitĂ©, et donc l'efficacitĂ©, diminue au fil du temps. Il faut donc rĂ©guliĂšrement les renouveler. Alors que mĂȘme pendant la guerre froide, aucune bombe atomique n'a Ă©tĂ© utilisĂ©e Ă des fins militaires, est-t-il vraiment nĂ©cessaire de maintenir constamment ce stock d'armes atomique ? Je ne dis pas que la France doit abandonner sa force de dissuasion, mais le "savoir-faire nuclĂ©aire" est suffisant. On peut toujours fabriquer de nouvelles ogives si besoin sans en garder toujours en stock. En effet, le budget "dissuasion nuclĂ©aire" n'est pas nĂ©gligeable. Il s'est Ă©levĂ© Ă 3,55 milliards d'euros en 2010 (21% du budget de la dĂ©fense) ! Il peut ĂȘtre sinon rĂ©duit Ă nĂ©ant, fortement diminuĂ©.
Réduction du salaire des ministres/président/députés/sénateurs
On le sait, les salaires de nos Ă©lus sont Ă©levĂ©s, pour ne pas dire exorbitants parfois. On peut comprendre que tout travail mĂ©rite salaire, et que le travail d'un Ă©lu n'est pas facile. Cela dit, il n'est pas normal que les Ă©lus ne contribuent pas Ă l'effort national. Une baisse de leur salaire, mĂȘme minime, serait bĂ©nĂ©fique pour nos finance et serait un geste positif envoyĂ© Ă la population.
A titre d'exemple, un député gagne plus de 7000 ? brut par mois. Il y a 577 députés en France, donc en réduisant leur salaire de 1000 ? (ce qui est déjà pas mal je l'accorde, mais à titre de comparaison le SMIC est à 1365 ? brut) on économise prÚs de 600 000 ? par mois, soit 7 millions d'euros par an ! Et encore, on ne compte dans ce calcul que les députés, il reste les sénateurs, les ministres, le président, les élus locaux, ...
Pénalité financiÚre en cas d'absences répétées des parlementaires
VoilĂ une source d'Ă©conomie potentiellement trĂšs importante. Nos parlementaires ne sont pas des modĂšles d'assiduitĂ©. Ceux qui sont censĂ©s reprĂ©senter les citoyens et voter les lois sont trĂšs souvent absents de l'hĂ©micycle. On se souvient par exemple que la loi Hadopi avait Ă©tĂ© adoptĂ©e dans un premier temps par 16 dĂ©putĂ©s (sur 577) ! Plus rĂ©cemment, la nouvelle carte d'identitĂ© (et le fichage de 45 millions de personnes qui va avec) et Ă©tĂ© votĂ©e par seulement 11 dĂ©putĂ©s ! L'idĂ©e d'instaurer une amande en cas d'absence rĂ©pĂ©tĂ©e des parlementaires et donc loin d'ĂȘtre inutile, que se soit pour amĂ©liorer les finances de l'Ătat, ou le fonctionnement de la dĂ©mocratie.
Ăconomies sur les dĂ©penses courantes
On ne le rĂ©pĂštera jamais assez, l'Ătat doit montrer l'exemple en matiĂšre d'efforts pour faire des Ă©conomies. RĂ©duire le train de vie de l'Ătat, ça peut allez de l'achat de fournitures de bureau au dĂ©placements en train/avion en passant par les voitures de fonctions. Des Ă©conomies sont toujours possibles dans ce domaine. Mais ce qui est plus souvent ciblĂ©, et plus couteux, c'est les grands Ă©carts que se permet le gouvernement et le PrĂ©sident de la RĂ©publique. L'exemple emblĂ©matique c'est "Air Sarko One", le nouvel avion de luxe de Nicolas Sarkozy. De plus, on ne compte plus les scandales ministĂ©riels concernant des cigares, des maisons/appartements, des voyages en avion privĂ©, des hĂŽtels de luxe, ...
Difficile de chiffrer le montant total de ces dépenses pas forcément utiles, d'autant qu'on ne sait probablement pas tout. Quoi qu'il en soit, il y a des efforts à faire de ce cÎté là .
Supprimer la taxe pour copie privée
Comme vous le savez surement, la taxe pour copie privĂ©e s'applique Ă tous les supports de stockage, du disque dur au CD vierge. Elle est censĂ©e compenser la "perte" d'argent qui serait due au fait de faire des copies d'une ?uvre pour son usage personnel, ce qui est absurde. En Grande-Bretagne par exemple, le droit Ă la copie privĂ© est sur le point d'ĂȘtre reconnu, sans contrepartie. L'argent gagnĂ© avec cette taxe ne va pas Ă l'Ătat, mais Ă l'industrie culturelle. Le fait de supprimer cette taxe ne ferait donc pas perdre d'argent Ă l'Ătat et permettrait mĂȘme de dynamiser le "marchĂ© de la culture". Attention quand mĂȘme, la taxe pour copie privĂ©e est elle mĂȘme soumise Ă la TVA. Une taxe taxĂ©e ? oui en France ça existe.
La dette publique de la France s'élÚve aujourd'hui à prÚs de 1700 milliards d'euros. Le déficit public, lui, était de 138 milliards d'euros en 2009 et 148,8 milliards en 2010.
Les mesures ne manquent pas pour faire des économies sans trop affecter le pouvoir d'achat de la population ou freiner la croissance. J'en ai cité quelques-unes mais il y en a d'autres, comme la taxation des transactions financiÚres, ou encore la réduction de nombre de caméra de vidéo-surveillance par exemple. Mais sinon on peut toujours taxer les clopes, l'alcool, les sodas, les parcs d'attraction, les heures supplémentaires, les complémentaires santé, etc... on ira loin comme ça. -_-